Les tourbières en général se trouvaient dans les vallées à fond plat. On trouve des tourbières dans plusieurs départements.
Une barque à tourbe se trouve encore dans un étang à Belloy, Ernest Blondel m’avait dit connaître l’endroit, hélas où est-il ? quelqu’un peut peut-être me renseigner plus précisément ?
La plupart des étangs de la somme sont d’anciennes tourbières, le tourbier travaillait par tous les temps, en bordure de l’étang, sur une planchette souvent pieds nus, il plongeait son louchet de 6m. Verticalement, petit à petit, il découpait la tourbe jusqu’à 5 ou 6 mètres et la basculait à la force des bras pour la retourner sur le sol. Une autre personne la coupait en 3 ou 4 briques de 25 ou 30 cm (ch’copeu), une autre ensuite (ch’brouetteu) portait les briques à la brouette pour les empiler en tas afin qu’elles sèchent au soleil et à l’air. Elles étaient manipulées plusieurs fois, quand les briques étaient sèches, elles étaient mises en stères et couvertes de roseaux. Il existait aussi des moules à tourbe pour confectionner les briques. Les ouvriers n’avaient comme abri qu’un simple panneau en roseaux tenu avec deux perches.
Les droits d’exploitation étaient mis en adjudication. L’extraction de la tourbe débutait au printemps et se terminait en septembre, le travail était pénible du lever du soleil à cinq heures de l’après-midi. Le patron tourbier vendait la tourbe aux habitants du village, à la fin de la saison, il offrait à son équipe un repas. Certains avaient plusieurs ouvriers, tous les employés avaient un nom : ch’brouetteu, ch’dékartchouère, ch’gadrouilleu…
Avec Louis DUFETELLE, j’ai rencontré Monsieur DELASSUS à Long, il avait une dizaine d’ouvriers, son entreprise a fonctionné jusqu’en 1969.
Voilà un résumé de mes souvenirs sur les tourbières de notre région et une copie partielle d’une liste des ayants droits au tourbage communal de Belloy en 1891.
René VICART. |